Maison Créole Auguste : Le Temps Suspendu aux Avirons
Dans cette maison créole Auguste des Avirons, le temps ne s’est pas figé, il circule avec une grâce singulière. Il glisse le long des lambrequins ajourés, s’infiltre dans le bois patiné, et semble veiller sur l’équilibre délicat entre hier et aujourd’hui. Cette demeure d’Auguste est bien plus qu’une simple habitation ; elle est un témoignage vivant du patrimoine réunionnais, une véritable capsule temporelle où chaque recoin raconte une histoire. C’est pourquoi, nous vous invitons à découvrir ce lieu emblématique, où l’âme créole s’exprime pleinement.

L’âme d’une habitation créole des Avirons : entre tradition et ingéniosité
La façade de cette résidence historique Réunion donne le ton dès le premier regard. Son bardage horizontal, sa varangue fermée et sa toiture à quatre pans, ponctuée de trois œils-de-bœuf sous les rampants, sont autant de marqueurs d’une architecture créole authentique. Les lambrequins, découpés à la main avec une précision remarquable, ne sont pas qu’un simple décor. En effet, ils jouent un rôle crucial en laissant circuler l’air, rappelant ainsi l’ingéniosité des bâtisseurs d’antan. À l’intérieur, l’atmosphère est douce, chaleureuse et enveloppante. Le carrelage vintage et les parquets en grand natte et en tamarin dialoguent harmonieusement avec les plafonds en bois de rose, créant un cadre unique.

Des matériaux nobles et locaux pour la demeure d’Auguste
Chaque élément de cette maison créole Auguste a été choisi avec soin, privilégiant les ressources locales. Les bois proviennent directement des parcelles forestières d’Auguste au Tévelave. On y retrouve des essences endémiques de La Réunion, telles que le bois de fer, le bois puant, le tamarin, la grande natte et le petit natte. Ces matériaux confèrent à la demeure une robustesse et une beauté intemporelles. Les travaux, quant à eux, ont été réalisés par Monsieur Anelard, un charpentier ébéniste talentueux des Avirons. La maison a pris sa silhouette définitive en 1960, devenant un symbole de l’artisanat local.
Auguste Peyret-Forcade : Bâtisseur d’un rêve réunionnais
Cette maison est indissociable de la figure d’Auguste Peyret-Forcade. Né le 20 mars 1912 à Piton Saint-Leu, orphelin très jeune, Auguste a suivi un parcours scolaire exemplaire. Il a été scolarisé à Saint-Louis puis au lycée Le Bourbon à Saint-Denis, où il a obtenu un baccalauréat scientifique. Cependant, il a choisi de suivre la voie de la terre, une passion qui allait définir sa vie. En 1939, il a acquis une grande parcelle aux Avirons, au lieu-dit Le Ruisseau. Sur cette terre se trouvait une ancienne maison créole de la famille Dorseuil. Auguste a eu l’idée de la faire démonter, puis remonter avec soin. Cette structure constitue aujourd’hui le cœur historique autour duquel la maison s’est développée, un véritable ancrage pour le patrimoine Peyret-Forcade.

L’histoire d’une vie dédiée à la terre et à la case créole Auguste
Auguste a développé une importante activité agricole, mêlant la culture de la canne à sucre et l’exploitation forestière. Il fut d’ailleurs l’un des premiers exploitants de l’île à posséder ses propres camions, témoignant de son esprit d’entreprise. Dans la cour de la maison créole Auguste, demeure encore un Citroën T45 de 1940, aujourd’hui en restauration. Ce véhicule emblématique est appelé à reprendre la route prochainement, un clin d’œil au passé laborieux de la famille. Cette demeure d’Auguste incarne ainsi la persévérance et l’ingéniosité d’un homme profondément attaché à sa terre.

Un refuge en temps de guerre : la solidarité d’Auguste
Durant la Seconde Guerre mondiale, Auguste a transformé sa maison en un véritable refuge. Il a regroupé autour de la demeure les ouvriers travaillant sur ses terres et leurs familles. Un petit village a alors pris forme, symbolisant la solidarité et l’entraide. Auguste partageait généreusement ce qu’il produisait, fournissant du bois de chauffage à une partie de l’île et de l’huile essentielle de géranium aux pharmacies. C’était un homme profondément humaniste, engagé dans les actes plus que dans les discours. La maison créole Auguste est donc aussi un lieu de mémoire, rappelant l’importance de la communauté en période difficile.

La varangue, cœur battant de la vie créole
La varangue est sans conteste le cœur de la vie quotidienne dans cette habitation créole des Avirons. On y reçoit les amis, on y échange les nouvelles du jour, et on y boit le café en contemplant le jardin luxuriant. C’est un espace de convivialité par excellence, où les liens familiaux et amicaux se tissent et se renforcent. À droite de l’entrée, le bureau d’Auguste, un meuble en tamarin des années 30, est resté à son emplacement d’origine. Il est accompagné de sa petite chaise et de ses étagères, comme si Auguste allait revenir d’un instant à l’autre. Ce coin intime est un véritable sanctuaire de souvenirs.

Les mémoires partagées de la case créole Auguste
Autour du bureau, des fragments de mémoire racontent l’histoire d’Auguste et de sa famille. On y trouve son livret militaire, son permis de conduire ancien, un réfractomètre pour mesurer le taux de sucre de la canne, et des lampes à pétrole. De plus, des meubles fabriqués par des ouvriers ébénistes et des objets venus d’Indochine témoignent des voyages et des influences. Un registre listant les ouvriers et leurs productions offre un aperçu précieux de l’activité agricole de l’époque. Chaque objet contribue à l’histoire de cette maison créole Auguste, rendant le passé tangible.

L’héritage des saveurs et le jardin créole
Dans une petite cuisine à l’arrière de la maison, Auguste cuisinait avec passion. Il a laissé de précieux carnets de recettes manuscrits, de véritables trésors culinaires. Ces carnets racontent une passion pour les plats mijotés, les terrines savoureuses et les sauces longuement travaillées. Autour de la demeure d’Auguste, le verger, le potager et les élevages permettaient de vivre largement en autosuffisance. On transformait les produits, on conservait les récoltes, et on confiturait les fruits, assurant ainsi une autonomie alimentaire remarquable. C’est un aspect essentiel du patrimoine Peyret-Forcade.

Le jardin créole, entre beauté et autosuffisance
Le jardin prolonge naturellement cette organisation pensée et structurée. C’est un jardin créole qui mêle esthétique et utilité avec brio. Les allées sont symétriques, les parterres dessinés avec soin. Nadia, l’épouse d’Auguste, aujourd’hui âgée de 94 ans, en parle encore avec une émotion palpable. Elle se souvient d’un jardin qui suscitait l’admiration de tous. Petite-fille de Paul Hermann, elle évoque un lieu vivant, généreux, soigné avec patience et amour. Un bois de senteur blanc de plus de soixante ans, une espèce devenue rare, veille majestueusement sur les lieux, ajoutant à la magie de cette résidence historique Réunion.

John, le passeur de mémoire de la maison créole Auguste
Aujourd’hui, c’est John, petit-fils d’Auguste, qui ouvre la porte de cette maison créole Auguste. Il a grandi ici, est parti construire son parcours professionnel, avant de choisir de revenir sur les terres de ses ancêtres. Fidèle à un lieu, fidèle à une histoire et fidèle à un homme qu’il a malheureusement peu eu la chance de connaître, puisque son grand-père est décédé l’année même de sa naissance. John se forme, reprend les terres familiales, et cultive à son tour. Il ne fige pas le passé ; au contraire, il le prolonge avec respect et innovation. Ici, le patrimoine n’est pas mis sous cloche, il vit, il se partage, et la maison continue de raconter ses histoires, génération après génération.
Les Ti Kaz d’Auguste : un hommage vivant à la demeure d’Auguste
Dans l’ancien verger familial, à l’arrière de la maison créole Auguste, John a imaginé un projet unique : Les Ti Kaz d’Auguste. Il s’agit de plusieurs bungalows de style créole, intégrés harmonieusement entre les arbres, et inspirés de l’architecture des grandes maisons réunionnaises. Chaque hébergement offre un confort contemporain, avec piscine et services bien-être, promettant une parenthèse hors du temps. Mais surtout, chaque séjour inclut la visite de la maison d’Auguste, véritable cœur du projet. Séjourner aux Ti Kaz d’Auguste, c’est vivre une expérience immersive, entre douceur moderne et mémoire longtemps chérie. C’est une manière magnifique de faire perdurer l’esprit de cette case créole Auguste.

Texte : Carpe Diem Presse / Photos : Corine Tellier
